Déclaration préalable SUD au CSEE DOGO de juin 2026


Suite à la routine décevante des NAO, ainsi qu’aux diminutions (moins habituelles, celles-là) de l’intéressement et de la participation, la grogne du personnel a pu faire partie de ce qui a poussé la direction à consentir pour 2026 une prime de partage de la valeur de 1200-1400 €.

La direction dit que les diminutions pour les salarié-es d’Orange France sont dues à un recul des résultats du périmètre. Elle ajoute qu’elle peut quand même encore servir des primes parce les résultats Groupe, notamment zone Moyen-Orient et Afrique sont très bons.

Une sorte de mise en avant de la solidarité, qu’on pourrait penser louable. Ou de « mutualisation des profits »…si on n’y regarde pas de trop près.

Un bémol de taille, c’est que nos collègues de la zone MEA veulent aussi une part du gâteau. Quoi de plus légitime ?

En France, il y a obligation d’ouvrir des négociations pour la PPV. A l’étranger, peut-être que la PPV n’existe même pas, peut-être que les textes contraignent moins les employeurs en termes de dialogue social. Toujours est-il que la direction ne donne pas suite à la demande de nos collègues.

Que ce soit pour mieux régner ou pour autre chose, que ce soit volontaire ou non, il ne faudrait pas qu’en traitant différemment les collègues selon leur zone d’affectation, la direction génère une mise en concurrence, voire une division du personnel.

Les collègues n’ont pas vraiment la main sur les items qui déclenchent. Pour autant, les salarié-es d’Orange France n’épargnent pas leurs efforts. Aujourd’hui, l’entreprise a les moyens de leur payer une reconnaissance, et ce, que les résultats soient bons ou non. C’est un choix à faire.

D’autre part, qu’il n’y ait pas, ou qu’il y ait moins de textes contraignant l’employeur en matière de dialogue social, les excellents résultats de la zone MEA devraient obligatoirement générer une reconnaissance digne de ce nom pour ces collègues. Ca ne relève que de la volonté de l’entreprise.

Sinon, comment Orange pourrait nous abreuver de beaux discours sur la RSE, les « valeurs » de l’entreprise, « l’éthique », la solidarité, le « un pour tous et tous pour un », le « tout le monde dans le même bateau », le « personne sur le bord du chemin » ?

Quand on prend connaissance des votes des différentes résolutions à la dernière AG des actionnaires, on comprend que les décisions tendent toutes vers l’enrichissement d’une poignée de privilégié-es plutôt qu’à la reconnaissance des efforts ce celles et ceux qui travaillent réellement. Quand on est salarié-e, si on est dans le même bateau qu’un-e actionnaire ou qu’un-e dirigeant-e, ce n’est sûrement pas au même étage : Il y en a au fond de la cale, les 2 mains sur les avirons, et qui rament à longueur de temps juste pour pouvoir manger…pendant que d’autres glandouillent sur le pont à prendre le soleil, regarder l’horizon en profitant des plaisirs de la vie, et attendent d’arriver à destination, puis prennent un autre navire pour la destination suivante qui leur passera par la tête. Quand on ne change pas de job à l’envi, on n’est pas sur un plan d’égalité si on se compare à quelqu’un-e qui peut retirer son argent comme et quand bon lui semble, et dont l’activité, en définitive ne consiste qu’à jouer ou parier sans se préoccuper des conséquences sur l’existence économique et sociale des employé-es.

Le code noir a beau avoir été abrogé en 2026, pour mettre un point final symbolique à l’abolition de l’esclavage en 1848, les systèmes de domination, notamment économique, d’une ploutocratie sur les populations existent toujours.

SUD prône une véritable remise en cause du système capitaliste pour une meilleure redistribution des richesses. Cela commence par la revendication sur les droits et sur la rémunération, comme viennent de le faire nos collègues de la zone MEA. Cela se construit et s’entretient avec la solidarité et l’unité entre collègues au-delà de leur service ou zone d’affectation, pour ne pas se laisser aveugler par des arguments fallacieux, et pour qu’Orange sorte de sa logique de mutualisation des prétendues pertes et de privatisation des profits.