Contamination de l'eau sur le site de Lannion : CSEE extraordinaire et lancement d'une expertise


Merci qui ?

Logo de la coordination Sud du périmètre DTSI, avec trois personnages déterminés

Ce mardi 25 mars s’est tenu une séance extraordinaire du CSEE DTSI d’Orange pour traiter du sujet très sensible de la santé des salariés concernés par une pollution de l’eau dans le bâtiment LY du site Orange de Lannion détectée en fin d’année dernière suite à une alerte de danger grave et imminent (DGI) déposé par les membres d’une commission SSCT du périmètre Innovation d’Orange.

Le problème principal est un sur-risque suspecté de cancer colorectal pour les techniciens de support informatique travaillant dans ce bâtiment, du fait d’une contamination aux nitrites d’une fontaine à eau. La situation a également mis en lumière des problèmes plus larges de vétusté du réseau de canalisations, avec des taux de fer élevés et la présence de micro-organismes dans d’autres parties du site.

Les rapports des analyses de l’eau demandées dans ce cadre et effectuées par l’ARS Bretagne mettent en évidence une non-conformité des taux de fer et des micro-organismes dans les bâtiments de la zone Est, avec une augmentation très nette des teneurs en fer, lequel surcharge les filtres des fontaines, réduit leur efficacité et favorise ensuite le développement microbien en aval. Il a été constaté :

  • Une corrosion de canalisations métalliques anciennes,
  • Des zones de stagnation (bras morts),
  • Une absence de purge régulière.

La direction a pris la décision qui s’imposait : l’arrêt de toutes les fontaines et la mise à disposition d’eau en bonbonnes.

Mais tout cela n’est rien par rapport aux résultats de l’analyse que la direction de site a ensuite diligentée sur le reste du site de Lannion. En effet, dans le bâtiment LY situé dans la zone Ouest, outre des taux de fer hors normes dans les canalisations, l’analyse de l’eau effectuée quelques semaines plus tard met en évidence des taux de nitrite et d’azote ammoniacal au-delà des seuils de conformité, présents uniquement au niveau de la fontaine à eau utilisée quotidiennement par 3 salariés (techniciens de soutien informatique de la DISU) qui travaillent au quotidien à proximité. En outre, d’anciens salariés de la même équipe, ainsi qu’une centaine des salariés pratiquant des activités récréatives le midi dans une salle voisine, ont consommé depuis quelques années cette eau en totale ignorance de sa dangerosité.

Cette crise a révélé des dysfonctionnements importants dans la prévention de la santé des salariés, puisqu’aucune analyse des eaux du site de Lannion n’avait été effectué depuis 2017 (suite à une alerte début 2016).

De même, dans le dialogue social, on ne peut que déplorer un certain manque de sérieux dans le traitement des sujets de santé et sécurité. La direction fournit des informations parcellaires aux salariés et à leurs représentants, ne respecte pas les accords signés avec les syndicats et privilégie l’optimisation immobilière à la prévention.

Quant à la communication vers les salariés concernés, elle est en dessous de tous les standards :

  • Une réunion en urgence pour prévenir les 3 salariés les plus exposés, où des propos inadmissibles sur les éventuelles conséquences pour leur santé ont été tenus. Par exemple : « si vous devenez fluo, on saura pourquoi »

  • Des questions posées par ces derniers restées sans réponse pendant plusieurs semaines. Ils ont dû eux-mêmes démonter le faux-plancher pour chercher le chemin de la canalisation concernée !

  • Un refus de la direction d’informer les autres salariés concernés ! Ce sont donc les 3 de la DISU qui ont dû s’en charger ! Quant aux collègues sportifs, c’est leur CSE qui s’y colle.

À noter aussi que les filtres des fontaines à eau de la zone Ouest ont été changés quelques jours avant les tests. Cela a pu contribuer à fausser les résultats des analyses.

Devant l’impossibilité d’obtenir la moindre information sur la recherche des causes et conséquences de cette pollution (au-delà de l’analyse du prélèvement de fin 2025), et même si la direction semble avoir enfin demandé une expertise externe, Sud a donc décidé de prendre ses responsabilités et de demander un CSEE extraordinaire, soutenu ensuite par la CFE-CGC.

Ce dernier a eu lieu ce mardi, 25 mars. Il a permis de présenter à l’ensemble des élus et des représentants de la direction la situation dans son ensemble et de réitérer les demandes légitimes des salariés.

Quelques réponses ont pu être obtenues, comme le nom des cabinets sollicités, ou encore l’annonce d’une possible prochaine inscription de ce risque au DUERP. Mais le plus important est que les représentants Sud ont réussi à convaincre une majorité d’élus (hormis 3 abstentions) de voter une résolution contraignante pour la direction. Celle-ci lui enjoint donc de lancer, sur son propre budget, une analyse des causes de ces graves dysfonctionnement (y compris l’historique précis de leur survenue : depuis quand l’eau est-elle ainsi polluée ? mais aussi les défaillances de communication) et d’investiguer sur les conséquences sur la santé des salariés, tant physique (cancers, etc.) que psychiques. Le CSEE a aussi désigné un cabinet mandaté pour réaliser au plus vite cette enquête.

L’ouverture de cette enquête est une source majeure de soulagement pour nos collègues.

Merci qui ?