Et maintenant les menaces !


On ne va pas ressasser ad nauseam les griefs que les salariés du site Orange de Lannion ont à propos du projet immobilier qui concerne leur site, et en particulier les très grosses inquiétudes concernant la place disponible pour chacun dans le futur bâtiment et les conditions de travail en environnement « flex desk ». Rappelons que cela fait presque 15 ans qu’on promet aux salariés un site rénové et que, projet après projet, tous leurs espoirs ont été balayés, alors qu’on avait une adhésion très large.

Que ce nouveau projet, très en deçà de ses prédécesseurs, ne fasse pas l’unanimité auprès d’une population vieillissante et lassée de tant d’atermoiements, n’étonne que ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face. Tous les efforts de l’équipe locale du projet et la direction du site n’y changeront rien, le ver était dans le fruit depuis le début, entre bâtiments existants non entretenus et projet minimaliste lancé en catimini.

Pour paraphraser le poète, les gens de Lannion, par leur âme et leur sang, sentent monter en eux « un sentiment profond d’abandon ».

Après avoir longtemps hésité entre recherche du consentement et de celle de la résignation, entre séduction et passage en force, la direction a fini par trancher : ce sera le « côté obscur » !

Les informations communiquées aux salariés sont biaisées et manipulées, comme sur la distance minimale entre les bureaux, les places de parking ou le nombre de bureaux assis-debout nécessaires

En réunion avec les « facilitateurs » et chefs d’équipe, quand des questions un peu trop précises et gênantes sont évoquées, on les évacue en vitesse et on propose à la place une visite en casque de réalité virtuelle. Ceux qui ont pris la parole de façon la plus critique se font ensuite rappeler à l’ordre ; leur boulot consiste à vendre le projet à leurs collègues et c’est tout.

Quant au dialogue social, nous vous relatons régulièrement à quel point il a été réduit à son strict minimum. Ce n’est pas parce qu’on a une commission ad hoc qui tient une dizaine de réunions en un trimestre qu’on constate une meilleure prise en compte des remarques des salariés. On a juste gagné 0,05 en taux de partage et un peu plus de place pour les ASC. C’est maigre.

Le summum a été atteint la semaine dernière avec ce message envoyé par des directeurs de quatre entités occupantes (et bizarrement signé par aucun représentant de la direction de l’immobilier, qui est pourtant à la manœuvre) pour nous intimer à tous de retirer nos autocollantes « JE NE SUIS PAS FLEX » de nos portes et arrières de PC, qu’ils dégraderaient, sous peine de sanctions disciplinaires. Ils auraient pu venir voir les syndicats et leur demander gentiment d’arrêter ou d’atténuer leur campagne de communication, ce qu’ils auraient sans doute accepté de faire. Mais non, on préfère cogner d’abord et on discute après…

Les syndicats se concertent pour organiser très vite une riposte. Sud a bien une petite idée, mais ce n’est pas le moment de la jouer perso. On vous tient au courant !